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Comment bien préparer sa retraite pour bien en profiter ?


En Suisse, le système de retraite peut paraître complexe : AVS ; 2ème pilier ; 3ème pilier A et 3ème pilier B lié ou non-lié. Mais, au final, les questions que l’on se pose sont très simples : Quel montant vais-je gagner ? Comment et quand planifier ma retraite ? Explications.

Avec une espérance de vie en constante augmentation, la santé des Suisses se porte bien. Selon l’Office Fédéral de la Statistique (OFS), un garçon né en 2016 vivra jusqu’à 81 ans et demi. Les filles de la même année, elles, peuvent atteindre plus de 85 ans.

Et cette tendance risque de s’accentuer. Selon une étude statistique de l’Imperial College London, basée sur des données de l’organisation Mondiale de la Santé, les Suissesses nées en 2030 vivront jusqu’à l’âge de 88 ans.

Dans un avenir proche, on pourrait donc bien passer le cap des 90 ans, ce qui paraissait – pour certains spécialistes – encore impensable il y a quelques années.

Les hommes rattrapent les femmes

A noter encore que la différence entre les femmes et les hommes se réduit. L’espérance de vie de ces derniers progresse plus vite.

Et pour cause, la baisse de la mortalité des plus de 65 ans, ainsi que la diminution du nombre de décès causés par les maladies cardiovasculaires, les cancers et les morts violentes.

Moins d’actifs pour payer les retraites

Certes, la population vit et vivra plus longtemps mais elle a aussi de la peine à se renouveler. Oui, les Suisses vieillissent. En 2015, l’OFS a publié des scénarios de l’évolution de la population Suisse. On y apprend notamment que notre pays devrait compter 56 personnes de 65 ans (ou plus) pour 10 actifs, contre 33 aujourd’hui.

Avec une espérance de vie plus haute et un vieillissement de la population, la question de la prévoyance devient donc essentielle. En effet, le même nombre d’actifs devra payer pour plus de retraités et pendant plus longtemps.

L’importance de planifier sa retraite

Avec des seniors plus nombreux et qui vivent pendant plus longtemps, le système actuel commence à atteindre ses limites. Plusieurs réformes des retraites suisses sont d’ailleurs envisagées (nous y reviendront plus tard).

Cependant, il ne devrait pas y avoir de modifications avant quelques années. On peut tout de même dire avec certitude qu’il sera de plus en plus difficile pour l’Etat de financer les retraites. A moyen terme, il est même possible que les prestations minimales soient revues à la baisse.

Dans ce contexte, il reste essentiel de prévoir et anticiper sa fin de vie professionnelle. Sur un plan financier, pour maintenir un revenu proche de son dernier salaire, ou trouver un moyen d’adapter son train de vie de retraité.

Mais la planification est aussi importante sur le plan personnel : en vivant plus longtemps, la retraite n’est pas synonyme d’inactivité, au contraire. Avec moins d’obligations, beaucoup de seniors se retrouvent face à un emploi du temps vide, qu’il faut occuper. Cela peut être source d’angoisses et de frustration, si la transition est mal gérée.

Le système des retraites en Suisse

Commençons par l’aspect financier, qui est généralement celui qui préoccupe d’abord les travailleurs en train de préparer leur retraite. Et pour cela, il faut bien comprendre le système helvétique, afin que tout soit bien clair. En Suisse, la prévoyance est basée sur le système des 3 piliers :

Le 1er pilier, aussi appelé l’AVS, est obligatoire et fonctionne sur un principe de solidarité. Tous les travailleur – salariés et indépendants – cotisent dès l’âge de 20 ans, à hauteur de 10,1% du salaire brut. La cotisation à l’AVS est versée à 50% par l’employé et 50% par l’employeur, à l’État.

Combien peut-on toucher avec l’AVS ?

Au moment de la retraite, le calcul du montant de la rente dépendra du :

  • Revenu annuel moyen
  • Nombre d’années de cotisation
  • Bonus applicable

Au maximum (en gagnant en moyenne 84'600 francs par année et en cotisant depuis ses 20 ans) on peut toucher 2'350 francs mensuels de l’AVS. Le montant minimum est de 1'175 francs par mois (en gagnant moins de 14'100 francs par an). Il est inscrit dans la loi que la rente maximale ne peut pas être plus élevée que deux fois la rente minimale.

Les bonifications pour tâches éducatives

Comme détaillé sur le site de l’AVS, les bonifications pour tâches éducatives compensent les années durant lesquelles on a eu des enfants de moins de 16 ans à charge. Par contre, ils ne dépendent absolument pas du nombre d’enfants. Le paramètre déterminant de ce bonus est l’autorité parentale : on peut donc le repartir entre les conjoints, selon la situation (mariage, pas de mariage, divorce).

La demande de bonus se fait au moment où l’on contacte l’AVS pour toucher sa rente. Il est donc important de garder les documents importants liés à la charge des enfants.

Les bonifications pour tâches d’assistance

Les bonifications pour tâches d’assistance viennent compenser les soins prodigués à un parent qui est tributaire d’une aide extérieure. Cela peut concerner des membres de la famille ou belle famille proche, qui touchent l’AVS ou l’AI pour des incapacités moyennes à graves.

Pour en bénéficier, il faut habiter dans un rayon de 30 kilomètres de ces derniers ou pouvoir s’y rendre en moins d’une heure. Chaque année, une annonce doit être faite à la caisse cantonale de compensation du canton où est domicilié le parent en question. Le bonus ne peut pas être octroyé rétroactivement.

Comme pour la bonification pour tâches éducative, ce bonus peut être réparti entre les différentes personnes qui prodigueraient des soins.

L’impact des bonus de l’AVS

Il ne s’agit pas d’argent qui est donné, avec ces deux bonifications du 1er pilier. On parle ici d’un revenu fictif, ajouté au calcul du revenu effectif.

A noter aussi que ces bonus ne permettent pas de dépasser la rente maximale de 2'350 francs mensuels.

Finalement, ils ne sont pas cumulables sur une même année de cotisation : quelqu’un qui devrait prodiguer des soins à l’un de ses enfants à charge se verrait compter une bonification pour tâches éducatives jusqu’aux 16 ans de l’enfant, avant d’avoir une bonification pour tâches d’assistance, dès ses 17 ans.

L’AVS pour les personnes mariées

Pour les couples mariés, le système des rentes du 1er pilier est différent. Le calcul se fait en additionnant le revenu des deux conjoints, puis en divisant le total par deux.

Le total perçu par le couple ne peut pas être plus haut que l’équivalent de 150% du montant maximal. C’est-à-dire que les deux rentes individuelles mises ensemble feront au plus 3525 francs.

Cette répartition, peu avantageuse, date de l’époque où l’homme faisait vivre le couple. Seul le revenu du mari était pris en compte et la femme avait « le droit de demander pour elle-même le versement de la demi-rente de vieillesse pour couple », comme l’explique le journal Le Temps.

Le splitting de l’AVS en cas de divorce

Les couples divorcés partagent à part égale les revenus touchés durant leur mariage, c’est le « splitting ». Le calcul se fait sur les années civiles complètes durant lesquelles le couple était marié. Cela exclut donc celles du divorce et du mariage.

Si le mariage dure moins de 12 mois, il n’y a donc pas de splitting.

La demande de partage peut se faire individuellement, au moment de la retraite. Mais le plus simple est de le faire collectivement, juste après le divorce. Cela facilitera la procédure et évitera des retards lors du calcul des rentes.

Les rentes de survivants

Le 1er pilier a également prévu une compensation suite à un décès. C’est la rente pour survivants qui concerne :

  • Les veuves et veufs
  • Les orphelins

C’est la première qui va nous intéresser pour la retraite. Ses conditions d’octroi diffèrent pour les hommes et les femmes. Ces dernières touchent une rente si elles ont un enfant à charge au moment du décès du mari. Ou si elles ont 45 ans révolus lorsque l’homme meurt et qu’elles ont été mariées pendant au moins 5 ans.

Les femmes divorcées sont aussi éligibles à la rente pour survivants si :

  • Le mariage a duré au moins 10 ans, avec enfants
  • Le divorce a été prononcé après leur 45 ans et que le mariage dissout a duré au moins 10 ans
  • Le cadet des enfants a moins de 18 ans au moment de leur 45 ans

Pour les hommes, les règles sont plus simples. Un homme, marié ou divorcé, touche la rente de veuf tant qu’il a des enfants de moins de 18 ans.

En cas de double rente (vieillesse et rente de survivants), c’est celle qui est la plus élevée qui sera versée.

AVS et retraite anticipée

On peut toucher l’AVS un ou deux ans avant l’âge de la retraite. Il est aussi possible de cotiser encore pendant 5 ans maximum pour faire augmenter le montant de sa rente.

L’AVS et les impôts

Les cotisations à l’AVS sont déduites du revenu imposable, lorsque l’on travaille. Dès le moment où l’on touche la rente AVS, on paie des impôts dessus, pour compenser cet avantage fiscal.

Rente complète ou rente maximale ?

Nous l’avons vu, le montant du 1er pilier va dépendre du nombre d’années de cotisation, du revenu et des éventuelles bonifications. Tout en tenant compte des situations spéciales détailles ci-dessus. Cependant, il faut être prudent et précis dans l’estimation de son AVS.

Comme le soulevait récemment la Tribune de Genève, seul un tiers des Suisses touchent la rente AVS complète de 2'350 francs par mois, au moment de leur retraite.

La rente complète s’obtient avec le nombre d’années de cotisation. Si l’on paie l’AVS depuis ses 20 ans, sans interruption jusqu’à sa retraite, on aura droit à une rente complète.

La rente maximale, elle, dépend du salaire moyen sur la période de cotisation. Et, comme dit plus haut, il faut avoir perçu 84'600 francs par année pour toucher le maximum.

Le salaire moyen suisse étant de 74'000 francs par année, cela explique que deux tiers des assurés ne touchent pas un premier pilier maximal. Le revenu moyen lié au premier pilier est, lui, de 2025,5 francs mensuels.

Le 2ème pilier, ou prévoyance professionnelle, est régi par la Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP). Obligatoire pour tous les travailleurs qui touchent plus de 21'150 francs par an, il est étroitement lié au salaire perçu tout au long de sa carrière.

C’est à l’employeur d’annoncer ses salariés et de les affilier à une caisse de pension, à laquelle on va verser l’argent du 2ème pilier.

Avant 24 ans, les cotisations couvrent simplement les risques de décès et d’invalidité. Puisque la LPP couvre ces autres prestations et pas uniquement la prévoyance vieillesse. A partir de l’âge de 25 ans – et jusqu’à la retraite – les montants versés le seront pour la rente de vieillesse.

Combien peut-on toucher avec le 2ème pilier ?

Contrairement à l’AVS, il n’y a pas de barème pour la LPP, étant donné que le système n’est pas solidaire, mais lié au salaire que l’on avait. Concrètement, une partie du salaire va être versée dans le 2ème pilier. Ce montant est pris en charge à 50% par l’employeur et à 50% par le salarié (en déduction directe du salaire).

Le montant accumulé au fil des années peut ensuite être touché en une fois (en capital), en rente ou de manière mixte. Le calcul de la rente annuelle du 2ème pilier se fait alors grâce au taux de conversion. Celui-ci est actuellement de 6,8%.

Prenons un exemple concret : un travailleur qui aurait accumulé un avoir vieillesse de 400'000 francs touchera une rente annuelle de 27'200 francs. Ce montant représentant 6,8% du capital de 400'000 francs.

Part du salaire versée au 2ème pilier

Le taux dédié à la prévoyance professionnelle varie tout au long de la carrière. Concrètement, on consacrera entre 7 et 18% de son salaire, sur le modèle suivant :

25-34 ans        7%

35-44 ans        10%

54-54 ans        15%

55-65 ans        18% (64 ans pour les femmes)

Le rendement, un paramètre essentiel de la LPP

Le montant versé au 2ème pilier est réinvesti par la Confédération et les assurances pour le faire fructifier et qu’il rapporte de l’argent. Ces dernières années, le rendement des placements est moins bon et les assurances ont généré un rendement moyen de 5%.

Cela a une conséquence négative sur le montant des retraites des Suisses, comme le rapportait le Matin en juin dernier : « Un capital de 100'000 francs produisait une rente annuelle de 7200 francs en l'an 2000, une somme qui a chuté à 5870 francs aujourd'hui, selon l'Union syndicale suisse (USS) et Travail.Suisse. »

Retirer son 2ème pilier

Il est possible de toucher le montant de son 2ème pilier dans 3 situations précises. On peut le faire pour :

  • Acheter son propre logement
  • Démarrer une activité indépendante
  • Quitter définitivement la Suisse

Pour l’achat d’un logement, quelques points sont à noter :

  • Une demande de retrait ne peut se faire que tous les 5 ans
  • A partir de 50 ans, il n’est plus possible de retirer entièrement son 2ème pilier
  • Un accord doit être signé par le ou la conjointe pour les couples mariés ou en partenariat enregistré
  • Le montant retiré devra être remboursé en cas de vente du logement
  • Le retrait anticipé entraînera une baisse des rentes

Ce dernier point est bien sûr important à prendre en considération, dans l’optique de préparer sa retraite.

Les indépendants et le 2ème pilier

Les travailleurs freelances versent de l’argent à l’AVS, comme les salariés. Mais, n’ayant pas d’employeur, ils ne sont pas dans l’obligation de cotiser à un deuxième pilier.

Ils peuvent souscrire à la LPP de manière facultative et compter sur le 3ème pilier pour assurer leur retraite.

Le 2ème pilier complète le 1er

Mises ensemble, l’AVS et la prévoyance professionnelle doivent assurer un revenu correct, une fois arrivé à la retraite. Mis ensemble, ils sont sensés couvrir 60% du dernier salaire perçu. Et le reste ?

Le reste, c’est le 3ème pilier, ou la prévoyance privée. On peut choisir de le faire sous forme d’épargne sur un compte bancaire, ou sous forme d’assurance. Le 3ème pilier se divise en deux catégories :

Le 3a ou 3ème pilier lié

Les versements du 3a sont plafonnés (6'768 en 2018 pour les salariés, 33'840 pour les indépendants et maximum 20% du revenu annuel) mais déductibles du revenu imposable.

Cet avantage fiscal n’est pas le seul puisque l’avoir du pilier 3a n’est pas soumis à l’impôt sur la fortune. Les revenus qu’il génère sont aussi exemptés d’impôt sur le revenu et d’impôt anticipé.

En revanche, on paie des impôts sur l’argent placé, au moment de toucher son 3ème pilier lié. Mais le taux d’imposition est moins élevé que si la somme avait été considérée comme du revenu imposable.

Le 3b ou 3ème pilier non lié

Les versements sont libres mais il y a moins d’avantages fiscaux. Certains cantons en octroient, comme Genève, où l’on peut déduire une petite somme d’argent.

Le 3b est beaucoup plus libre, puisqu’il peut être contracté à n’importe quelle fin. On peut donc également le retirer de manière libre.

Même s’il parait très performant, avec un équilibre entre principes solidaires et individuels, le système doit être réformé. Depuis 2015, l’AVS dépense plus d’argent qu’elle n’en a. La Confédération cherche donc de nouvelles manières de financer notre vie « post-travail ». Et le 24 septembre 2017, les Suisses ont donc voté sur la réforme dite Prévoyance 2020.

Le projet ayant été rejeté par le peuple à hauteur de 52,7%, d’autres idées sont creusées. Actuellement, deux pistes semblent se dessiner pour réformer l’AVS. L’allongement de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes et une hausse de la TVA, pouvant aller jusqu’à +1,5%.

Le 2ème pilier est aussi appelé à être réformé. C’est en tout cas ce que demande la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle, pour faire face au déficit de financement.

Comment calculer sa retraite en Suisse ?

Maintenant bien informés sur le système des retraites en Suisse, on peut se poser la fameuse question « combien vais-je toucher à la retraite ? » Et ce, en connaissance de cause.

Finalement, le calcul peut être fait de manière assez simple :

  • L’AVS propose de calculer une rente future (1er pilier)
  • Les caisses de pension fournissent également une estimation du montant disponible à votre retraite à intervalles réguliers (2ème pilier)
  • Le contrat de l’assurance-vie, ou les virements effectués sur le compte bancaire dédié complèteront l’estimation (3ème pilier

 

[CHECK LIST] POUR BIEN PRÉPARER SA RETRAITE :

En amont

  • Demander une estimation du montant de sa rente AVS
  • Demander une estimation du montant de son 2ème pilier
  • Évaluer son ou ses 3ème pilier(s), si on en possède
  • Sur cette base-là évaluer sa situation de prévoyance
    • Confronter cette analyse à celle d’un expert
  • Se poser la question de ses envies
  • Trouver une manière de faire correspondre ses moyens à ses envies
  • Si besoin réadapter son plan de prévoyance

Une fois à la retraite

  • Prévoir une transition en douceur
  • Prendre le temps de s’acclimater à ce changement important
  • Trouver des activités qui permettent une stimulation physique et sociale

Planifier sa retraite le plus tôt possible

Il apparaît judicieux de s’intéresser à l’aspect financier de se retraite le plus tôt possible.

Cela vous permettra de savoir où vous en êtes et de prendre certaines décisions en connaissance de cause. Votre solution de prévoyance peut être adaptée en tout temps, notamment grâce au 3ème pilier qui laisse une grande liberté.

Beaucoup de Suisses anticipent ces questions, puisque 58% d’entre eux prennent même une retraite anticipée.

A l’inverse, le résultat du calcul des 3 piliers est parfois décevant et ne permet pas d’arrêter de travailler plus vite. Rappelez-vous, seulement un Suisse sur 3 touche une rente AVS maximale. Prioriser certains investissements, cotiser pendant quelques années de plus pour faire augmenter ses rentes, … Ces décisions ne se prennent pas à la légère. Il vaut donc mieux y réfléchir quelques années avant l’âge officiel de la retraite, plutôt que la veille de son départ.

L’argent a un impact sur le quotidien, et inversement

Si l’on parle autant d’argent à la retraite, c’est bien parce que l’aspect financier va avoir une influence sur les activités que l’on pourra (ou non) faire pendant sa retraite. L’image des balades en bateau sur le lac une fois que l’on a plus besoin de travailler est un fantasme, surtout si l’on fait partie de la classe moyenne.

Il est possible que cette dernière phase de vie demande quelques adaptations de son mode de vie.

Posséder une voiture est-il encore nécessaire, alors que des solutions de véhicules en réseau existent ? Partir en vacances est-il encore aussi important, sans le stress du travail ? A-t-on besoin de vivre au même endroit, maintenant que l’on ne travaille plus ? Un déménagement hors des centres urbains, où les loyers sont plus élevés, peut être bénéfique.

Certains Suisse vont plus loin : on voit notamment de plus en plus de gens vivre leur retraite à l’étranger, souvent au soleil, comme le notait la RTS récemment.

Le soir du jour J

Imaginez concrètement : les collègues sont partis, les bouteilles du pot de départ sont mises au container du verre et les coupes de champagnes ont été vidées, lavées, séchées et rangées au placard. Vous voilà prêt(e) à rentrer chez vous : c’est le premier soir du reste de votre vie.

Que faire demain ? Et après-demain ? Et tous les autres jours ? Ces questions peuvent réjouir ou effrayer, c’est selon. Pour éviter le vertige de l’inconnu, il vaut mieux se poser tranquillement et réfléchir à ce que l’on veut faire de sa retraite. Le mieux serait encore de l’avoir fait en amont.

Préparer son emploi du temps de retraité

Le monde du travail – toujours plus exigent – ne laisse que peu de place aux loisirs, surtout l’on travaille à temps plein et que l’on a des obligations familiales. A la retraite, c’est généralement tout le contraire, du jour au lendemain.

Ce changement peut paraitre comme une absence et il n’est pas rare de voir des anciens travailleurs prendre des responsabilités dans les milieux associatifs et bénévoles. Encore une fois, ces nouvelles occupations se planifient.

Bien sûr, il faut aussi se laisser du mou, pour profiter de cette liberté horaire nouvelle mais l’important est de pouvoir faire une transition en douceur, pour éviter le vide. Si la vie est une suite de virages plus ou moins importants à négocier, la retraite est une tête d’épingle.

On peut d’ailleurs se faire accompagner par des professionnels pour aborder le tournant de la fin de vie professionnelle. Si s’orienter vers un psychologue peut rebuter ou faire peur, des coaches offrent aussi ce genre de services.

Le moment de la retraite est également opportun pour anticiper d’autres démarches, par exemple celles liées à sa succession. Et, dans une logique de s’alléger d’autres préoccupations, on peut également profiter de cette transition pour se tranquilliser jusqu’au bout : il n’est pas rare que les jeunes retraités s’occupent d’écrire leurs directives anticipées et de désigner un représentant légal.

Rester actifs et stimulés

Et puis, il y a la santé. Oui, on vit plus longtemps, mais on veut surtout vivre en bonne santé. L’autonomie, depuis chez soi, est l’une des premières préoccupations des retraités. Et cela aussi peut s’anticiper et se travailler.

Selon plusieurs spécialistes, le meilleur moyen de rester en bonne santé après sa retraite, serait de rester stimulé sur les plans physiques et intellectuels. D’où l’importance de continuer à être actif et d’entretenir aussi son réseau social au travers d’activités.

Peut-être le meilleur conseil pour une retraite saine dans un corps sain (et avec une situation financière saine ;-).

 

Kali Morana